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Note de méthode : deux corrections apportées à nos analyses SEAO (juillet 2026)

Avancé6 min de lecture22 juillet 2026
Vérifié 22 juillet 2026
Skander Millequant · Fondateur d’AdjudicaNon affilié au gouvernement

Note de méthode, 22 juillet 2026.

Nous publions des analyses fondées sur les données ouvertes du SEAO. Quand un chiffre déjà publié s'avère inexact, nous le corrigeons et nous le disons, plutôt que de le modifier en silence. Le 22 juillet 2026, une révision de nos méthodes de calcul a mené à deux corrections. Cette note explique lesquelles, pourquoi, et ce qu'elles changent, chiffre par chiffre.

Le sens général de nos analyses ne change pas : au Québec, une nette majorité des marchés publics est attribuée sans appel d'offres en nombre, mais ces contrats restent minoritaires en valeur. Ce que ces corrections précisent, c'est l'ampleur exacte de chaque part.

Correction 1 : dédoublonnage des millésimes d'export

Ce que nous faisions. Le SEAO republie périodiquement l'historique de ses contrats. En assemblant ces exports successifs, notre corpus contenait, pour une partie des marchés, plusieurs copies du même contrat, issues d'exports de dates différentes. Notre déduplication ne rattrapait pas tous ces doublons, parce que les copies portaient des étiquettes de fuseau horaire légèrement différentes.

Pourquoi c'était un problème. Ces doublons gonflaient les montants cumulés (une même valeur de contrat comptée deux ou trois fois) et, dans notre recensement des contrats municipaux, le nombre de marchés lui-même. Dans nos autres analyses, les décomptes par marché n'étaient pas affectés (nous comptons chaque marché une seule fois, par son identifiant unique OCID) ; les totaux en dollars, eux, étaient surestimés.

Ce que nous faisons maintenant. Notre déduplication regroupe désormais les copies d'un même contrat quelles que soient leurs étiquettes de fuseau, en conservant la version la plus récente. Un contrôle automatique vérifie, à chaque mise à jour du corpus, qu'aucun doublon de ce type ne subsiste.

Effet. Les totaux en valeur baissent. Par exemple, la valeur totale adjugée dans notre analyse de la concentration des fournisseurs passe de 284 à 213 milliards de dollars ; le marché municipal recensé passe de 160 664 à 132 106 marchés et de 84 à 71 milliards. Les proportions bougent d'au plus un point de pourcentage ; les premiers rangs des classements tiennent, mais quelques positions permutent plus bas dans le classement municipal, réordonné en conséquence.

Correction 2 : les achats mandatés sont des appels d'offres, pas du gré à gré

Ce que nous faisions. Nous rangions les « achats mandatés » et « regroupements d'organismes » du côté des marchés attribués sans appel d'offres.

Pourquoi c'était une erreur. Un achat mandaté, c'est un organisme (souvent l'Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités ou la Société québécoise des infrastructures) qui mène un appel d'offres au nom de plusieurs organismes qui achètent ensemble. Le SEAO les publie comme une procédure ouverte, et la plupart reçoivent plusieurs soumissions (78,3 % en comptent au moins deux). C'est une mise en concurrence, pas une attribution de gré à gré. Les compter comme du gré à gré surestimait donc la part attribuée sans appel d'offres.

Nous ne prétendons pas pour autant que tout achat mandaté garantit une concurrence effective : une minorité ne reçoit qu'une seule soumission, et certains regroupements d'achat peuvent recouvrir un approvisionnement auprès d'un fournisseur unique. Nous les classons selon le mode de passation publié au SEAO (une procédure ouverte), ce qui est le critère vérifiable, sans nous prononcer contrat par contrat.

Ce que nous faisons maintenant. Les achats mandatés sont comptés parmi les marchés attribués en concurrence. Cette définition est désormais la même dans toutes nos analyses.

Effet. La part des marchés attribués sans appel d'offres diminue, surtout en valeur. Sur 2021-2023, elle passe de 60,6 % à 58,3 % en nombre (près de 6 marchés sur 10) et de 33,5 % à 24,2 % en valeur (à peine 1 dollar sur 4). Autrement dit, la valeur qui passe par un appel d'offres monte de 66,5 % à 75,8 %, plus de 3 dollars sur 4.

Tableau récapitulatif des chiffres publiés modifiés

AnalyseChiffreAvantAprèsCause
Gré à gré (2021-2023)Sans appel d'offres, en nombre60,6 %58,3 %Reclassement mandaté
Gré à gré (2021-2023)Sans appel d'offres, en valeur33,5 %24,2 %Reclassement mandaté
Gré à gré (2021-2023)Valeur passant par appel d'offres66,5 %75,8 %Reclassement mandaté
Gré à gré (2021-2023)Médiane d'un contrat en concurrence170 000 $180 000 $Reclassement mandaté
Soumissionnaire unique (2021-2024)Contrats à une seule soumission31,2 %30,7 %Reclassement mandaté
Concentration (2022-2025)Valeur totale adjugée284 G$213 G$Dédoublonnage
Contrats municipaux (2011-2025)Marchés recensés160 664132 106Dédoublonnage
Contrats municipaux (2011-2025)Valeur recensée84 G$71 G$Dédoublonnage
Baromètre juin 2026Dollars passant par appel d'offresprès des deux tiersplus des trois quartsReclassement mandaté
Baromètre juin 2026Sans appel d'offres, en nombre~66 %~64 %Reclassement mandaté

Ce tableau couvre les statistiques principales de chaque analyse ; les valeurs dérivées (montants par fournisseur, par ville ou par secteur) sont recalculées dans chaque article selon la même méthode. Tous ces chiffres sont recalculés au corpus à l'exécution.

Ce qui ne change pas

Le constat de fond tient : en nombre, une nette majorité des marchés publics est attribuée sans appel d'offres ; en valeur, l'essentiel passe par un appel d'offres. La répartition par secteur et les tendances annuelles ne sont pas affectées par ces corrections ; dans les classements de fournisseurs, les premiers rangs tiennent, mais quelques positions plus bas permutent après le recalcul des montants. La part attribuée en gré à gré strict (hors mandaté) était déjà calculée correctement et ne bouge pas.

Méthode et portée

Nos analyses comptent par processus de passation (un marché égale un identifiant OCID, jamais additionné sur ses lignes), sur des fenêtres datées, à partir des données ouvertes du SEAO au format OCDS. La classification des modes d'attribution repose sur le champ publié par le SEAO, et non sur une interprétation contrat par contrat. Corpus arrêté au 22 juillet 2026. Nous avons par ailleurs rendu nos calculs entièrement reproductibles à l'identique d'une exécution à l'autre, ce qui n'était pas garanti pour une petite fraction de marchés portant plusieurs lignes à la même date. Cette note remplace aussi l'encadré du 14 juillet 2026, qui signalait le passage à un affichage recalculé au corpus et la correction d'un montant du classement (une variante d'écriture de Cardinal Health Canada comptée séparément) ; cette correction reste intégrée aux chiffres affichés.

Si vous relevez une erreur dans l'un de nos chiffres, écrivez-nous : la fiabilité de ces analyses est ce qui fait leur valeur.

Sources

Source des données

Jeu de données : « Système électronique d’appel d’offres (SEAO) », publié par le Secrétariat du Conseil du trésor, diffusé sur Données Québec sous licence CC BY 4.0.

Traitements : données extraites, nettoyées et analysées par Adjudica ; les chiffres présentés résultent de ces traitements et ne constituent pas une publication officielle du SEAO. Voir nos données.

Les chiffres des marchés publics, à chaque analyse

Une analyse publiée, un envoi. Pas de calendrier, pas de remplissage.

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