L'essentiel en 30 secondes
- →Dans les appels d'offres dont les montants d'ouverture sont publiés au SEAO, le plus bas prix correspond à l'adjudicataire dans 89,8 % des cas, une proportion stable depuis 2016.
- →Quand le plus bas prix l'emporte, l'écart médian avec le meilleur prix perdant est de 11,1 %. Un dossier sur quatre présente un écart inférieur à 4,3 %.
- →Environ 1 appel d'offres sur 10 ne va pas au plus bas prix publié : la conformité et l'évaluation du dossier sont des risques mesurables, pas des formalités.
Analyse Adjudica, 2026-06-07, résultats d'ouverture publiés au SEAO via Données Québec, 464 558 offres chiffrées, 2016-2026.
Dans les appels d'offres québécois où les prix d'ouverture sont publiés, le plus bas prix gagne presque neuf fois sur dix. Notre analyse de 80 526 appels d'offres compétitifs avec montants d'ouverture publiés au SEAO montre aussi que, dans les dossiers remportés par le plus bas prix d'ouverture publié, l'écart avec le meilleur prix perdant est de 11,1 % en médiane. Comme les montants d'ouverture ne sont pas publiés pour tous les modes d'adjudication, ce constat doit être lu comme une borne haute pour l'ensemble des appels d'offres compétitifs. Et ce n'est pas une recette pour baisser ses prix : c'est un signal que, dans plusieurs segments, les écarts observés sont étroits, tandis que dans d'autres, la conformité et la qualité du dossier pèsent davantage.
TL;DR en 30 secondes
- Le plus bas prix d'ouverture publié correspond à l'adjudicataire dans 89,8 % des appels d'offres analysés, entre 88,4 % et 92,0 % chaque année depuis 2016.
- Quand il l'emporte, l'écart médian avec le meilleur prix perdant est de 11,1 % ; 28,4 % des dossiers présentent un écart inférieur à 5 %.
- En construction, le lien prix-adjudication est le plus net (génie civil : 96,2 %) ; en équipement médical et en services de soutien professionnel, le dossier pèse davantage.
- Environ 1 dossier sur 10 ne va pas au plus bas prix publié. La conformité est un risque mesurable, pas une formalité.
Pour qui cet article Pour les PME québécoises qui répondent aux appels d'offres publics et qui veulent savoir à quel point le prix décide réellement, et de combien, avant d'investir des heures dans une soumission.
Sommaire
- D'où viennent ces chiffres
- Le chiffre : 89,8 % dans les ouvertures publiées
- Les marchés serrés : construction et véhicules spéciaux
- Les marchés où le dossier pèse davantage
- 1 fois sur 10, le plus bas prix publié ne gagne pas
- Ce que ça change pour votre PME
- Comment lire ces chiffres (méthode et limites)
1. D'où viennent ces chiffres
Lorsqu'un organisme public ouvre les soumissions, il publie ensuite dans le SEAO un résultat d'ouverture : la liste des soumissionnaires et, pour les appels d'offres fondés sur le prix, les montants soumis. Nous avons structuré 464 558 offres chiffrées couvrant 150 249 avis, puis isolé 80 526 appels d'offres compétitifs où l'adjudicataire est identifié et où au moins deux entreprises distinctes ont déposé un prix. Nous n'avons pas repéré de compilation publique comparable à cette échelle au Québec.
Précision importante : ces chiffres décrivent les appels d'offres dont les montants d'ouverture sont publiés. Cet échantillon surreprésente les processus où le prix est déterminant. Le « presque 9 sur 10 » est donc une borne haute pour l'ensemble des appels d'offres compétitifs, pas une loi universelle des marchés publics.
2. Le chiffre : 89,8 % dans les ouvertures publiées
Le plus bas prix d'ouverture publié correspond à l'adjudicataire dans 89,8 % des cas. La proportion varie peu d'une année à l'autre : entre 88,4 % et 92,0 % chaque année depuis 2016, et du même ordre dans les appels d'offres publics (89,3 %) comme sur invitation (92,0 %).
Et quand le plus bas prix l'emporte, l'écart est souvent plus mince qu'on pourrait le croire : 11,1 % d'écart médian avec le meilleur prix perdant. Parmi ces dossiers, un sur quatre présente un écart inférieur à 4,3 %, et 28,4 % un écart inférieur à 5 %. Les écarts ne sont pas toujours massifs entre l'adjudicataire et les soumissionnaires non retenus ; dans les dossiers où le plus bas prix d'ouverture publié gagne, la frontière observée est souvent étroite.
Ce chiffre ne fixe aucun rabais à appliquer. Il mesure seulement l'écart historique entre le premier et le deuxième prix d'ouverture publié.
3. Les marchés serrés : construction et véhicules spéciaux
C'est dans la construction que le lien entre plus bas prix publié et adjudication est le plus net. En génie civil, le plus bas prix publié gagne dans 96,2 % des cas, avec un écart médian de 7,8 % ; dans les bâtiments, 94,3 % et 9,1 %. Les véhicules spéciaux affichent l'écart le plus serré de tous les segments : 7,1 % en médiane, et quatre dossiers sur dix présentent un écart inférieur à 5 %.
Pour une PME de ces secteurs, le message n'est pas de couper arbitrairement sa marge. C'est que chaque hypothèse compte : productivité, transport, contingences, choix de fournisseurs, compréhension du devis. Quelques points de coûts mieux documentés ou mieux maîtrisés peuvent parfois changer un classement, alors qu'une marge sacrifiée sans calcul fragilise l'exécution.
4. Les marchés où le dossier pèse davantage
À l'autre bout du spectre, le plus bas prix publié gagne moins souvent : 72,0 % en équipement médical, autour de 82 % en services de soutien professionnel et en traitement de l'information. Et les écarts s'élargissent : plus de 20 % d'écart médian en services de soutien professionnel.
Dans ces segments, il peut valoir la peine d'investir dans la conformité, les preuves techniques, l'expérience documentée et la clarté de la proposition : le prix reste important, mais il n'est pas toujours le seul filtre décisif. C'est cohérent avec ce qu'on observe sur le taux de gain réel des soumissionnaires : gagner est une affaire de ciblage et de dossier autant que de chiffre final.
5. Le chiffre le plus utile : 1 fois sur 10, le plus bas prix publié ne gagne pas
Voici peut-être la statistique la plus précieuse pour une PME : même dans cet univers dominé par le prix, 10,2 % des appels d'offres ne vont pas au plus bas prix d'ouverture publié. Lorsque c'est le cas, le prix d'ouverture publié associé à l'adjudicataire est en médiane 19,4 % plus élevé que le plus bas prix d'ouverture publié du même appel d'offres.
Cet écart ne mesure ni un trop-payé ni une économie manquée : il indique seulement qu'un prix d'ouverture plus bas n'a pas mené à l'adjudication. Les règles québécoises prévoient plusieurs modes d'adjudication et plusieurs mécanismes : évaluation de la qualité avec prix ajusté, rejet d'une soumission non conforme, analyse d'un prix jugé anormalement bas. Une offre plus basse peut avoir été écartée pour l'une de ces raisons, prévues aux règlements pris en vertu de la Loi sur les contrats des organismes publics.
La lecture pratique pour votre entreprise : être le moins cher ne suffit pas. Environ un dossier sur dix ne va pas au plus bas prix d'ouverture publié. Cela peut tenir à la conformité, à l'évaluation de la qualité ou à un mécanisme d'adjudication prévu, mais les motifs précis ne sont pas observés dans ces données. Le temps consacré à vérifier les exigences, les formulaires et les pièces réduit un risque évitable autour de votre soumission. Les motifs de rejet d'une soumission sont d'ailleurs largement documentés et évitables.
6. Ce que ça change pour votre PME
Avant de soumissionner, situez votre segment :
Liste de vérification
0/4 complétéCes résultats sont une analyse historique de données publiques. Ils ne constituent pas une recommandation de prix : chaque entreprise doit établir ses soumissions de façon indépendante, selon ses coûts, ses risques et les exigences du devis.
7. Comment lire ces chiffres (méthode et limites)
Analyse Adjudica des résultats d'ouverture publiés au SEAO (données ouvertes diffusées via Données Québec sous licence CC BY ; données nettoyées, appariées et calculées par Adjudica, ceci n'est pas une publication officielle du SEAO). 464 558 offres chiffrées sur 150 249 avis, pour l'essentiel de 2016 à 2026 (2026 : année partielle). Entreprises dédupliquées par nom normalisé. Les appels d'offres à lots multiples ont été agrégés au niveau de l'avis ; en restreignant l'analyse aux avis à adjudicataire unique, la proportion où le plus bas prix publié correspond à l'adjudicataire reste du même ordre : 90,3 %.
Quatre précisions importantes :
- Les chiffres portent sur les appels d'offres compétitifs (publics ou sur invitation, gré à gré exclu) dont les montants d'ouverture sont publiés au SEAO. Cet échantillon surreprésente les processus fondés sur le prix : les chiffres constituent une borne haute pour l'ensemble des appels d'offres compétitifs.
- « Plus bas prix » signifie ici plus bas prix d'ouverture publié : pas nécessairement le plus bas prix conforme, ni le coût total pour l'acheteur. Les prix sont des prix d'ouverture, pas les valeurs finales des contrats.
- Chaque appel d'offres compte une fois, peu importe sa valeur : un petit contrat et un très gros ont donc le même poids.
- Les motifs d'adjudication (notes de qualité, conformité, rejets) ne sont pas observés dans ces données ; les segments sont des regroupements de catégories d'achat, pas des régimes juridiques. Ces chiffres décrivent l'historique observé ; ils ne prédisent pas le résultat d'un prochain appel d'offres.
Questions fréquentes
Sources
- Système électronique d'appel d'offres (SEAO), résultats d'ouverture, données ouvertes diffusées via Données Québec (licence CC BY) ; données transformées et analysées par Adjudica.
- Gouvernement du Québec, « Suivi de la soumission et bilan » : les résultats d'ouverture donnent accès à la liste des soumissionnaires et aux montants soumis pour les appels d'offres basés sur le prix.
- Loi sur les contrats des organismes publics (RLRQ, c. C-65.1) et ses règlements : modes d'adjudication, évaluation de la qualité, traitement des prix anormalement bas.
Pour aller plus loin
Retrouvez toutes les analyses et données d'Adjudica sur les marchés publics.