L’essentiel en 30 secondes
- Il faut 657 entreprises pour couvrir la moitié des appels d'offres d'entretien et de réparation, le nombre le plus élevé des huit secteurs que nous avons mesurés.
- Un appel d'offres sur trois n'y reçoit qu'une seule soumission.
- La majorité du secteur ne passe jamais par un appel d'offres.
Sylvie dirige une entreprise d'entretien de bâtiments de 25 employés en Mauricie. Elle a longtemps cru que les contrats publics étaient réservés aux grosses firmes. Les données disent l'inverse, et elles disent aussi pourquoi elle en voit passer si peu.
Nous avons regardé 20 611 contrats d'entretien et de réparation attribués au Québec entre 2021 et 2025.
Les attributions les moins concentrées des huit secteurs que nous avons mesurés
Il faut additionner 657 entreprises différentes pour couvrir la moitié des contrats d'entretien et de réparation attribués par appel d'offres au Québec. C'est le chiffre le plus élevé des huit secteurs que nous avons mesurés. Dans le bâtiment, il en faut 410. Dans le matériel informatique, 30.
Le premier attributaire n'y détient que 1,2 % des contrats attribués par appel d'offres. Aucun nom ne ressort de ces appels d'offres.
Cette moitié se compte sur les contrats mis en concurrence, soit 41 % du secteur.
Une réserve honnête sur ce chiffre : les noms d'entreprises du SEAO ne sont pas normalisés, et une même société peut y figurer sous plusieurs graphies. La concentration réelle est donc au moins aussi forte que celle que nous mesurons, jamais moins.
Mais la majorité des contrats ne passe jamais en appel d'offres
C'est l'autre face du secteur, et elle explique pourquoi Sylvie en voit si peu.
59,3 % des contrats d'entretien et de réparation sont attribués de gré à gré, sans mise en concurrence. Seuls 41 % sont attribués après mise en concurrence.
Sur les attributions directes du secteur qui déclarent un motif au SEAO, 64,1 % invoquent un montant inférieur au seuil d'appel d'offres public. Cette part se lit sur les 67,4 % d'attributions directes qui déclarent effectivement un motif : les autres n'en publient aucun, et nous ne présumons pas du leur.
Autrement dit, l'essentiel de ce secteur se joue hors des avis publics : ces contrats existent, ils se renouvellent, et ils ne se voient pas en surveillant les avis. Leur attribution ne se publie qu'après coup.
| Ce que montrent les 20 611 contrats du secteur | |
|---|---|
| Entreprises couvrant la moitié des appels d'offres | 657 |
| Part du secteur mise en concurrence | 41 % |
| Appels d'offres n'ayant reçu qu'une seule soumission | 33,0 % |
| Sur les seuls avis publics | 23,0 % |
| Nombre moyen de soumissionnaires par appel d'offres | 3,0 |
Un appel d'offres sur trois n'a aucune concurrence
33,0 % des appels d'offres d'entretien et de réparation ne reçoivent qu'une seule soumission. Le contrat est mis en concurrence, et une seule entreprise se présente.
Pour une entreprise déjà en place, c'est une position confortable. Pour une entreprise qui cherche à entrer, c'est l'inverse d'un marché fermé : ce sont des dossiers où se présenter suffit souvent à être en lice.
Tous ces appels d'offres ne s'adressent pas à tout le monde
Le sous-ensemble mis en concurrence n'est pas une population homogène. Un avis public s'adresse à toute entreprise admissible ; un appel d'offres sur invitation ne s'adresse qu'aux entreprises sollicitées. Dans l'entretien et la réparation, 29,0 % des contrats attribués par appel d'offres passent par une invitation.
La distinction change le chiffre que vous devez regarder. Sur les seuls avis publics, ceux auxquels vous pouviez répondre sans avoir été sollicité, la part n'ayant reçu qu'une seule soumission est de 23,0 %, contre 33,0 % sur l'ensemble des appels d'offres du secteur.
Le taux d'ensemble est plus élevé que celui des avis publics : hors des avis publics, la part sans concurrence est donc plus forte. Nous ne mesurons pas séparément le taux des seuls appels d'offres sur invitation, et nous ne l'affirmons pas ; nous ne publions pas non plus combien de dossiers cela représente. Ce que la donnée soutient : se faire connaître des donneurs d'ouvrage du secteur conditionne l'accès à une partie des dossiers.
Ce que ça change pour votre prochaine soumission
Le secteur ne vous est pas fermé, il est peu fréquenté. Avec 657 entreprises pour la moitié des appels d'offres et un tiers d'entre eux à un seul soumissionnaire, la barrière n'est pas la concurrence.
Ce qui s'annonce à l'avance est la petite part. La majorité du secteur est attribuée de gré à gré. Les avis publiés montrent la part concurrentielle, pas le marché entier.
Faites-vous connaître, pas seulement surveiller. Une partie des appels d'offres du secteur ne s'adresse qu'aux entreprises sollicitées. Surveiller les avis publics ne suffit pas à voir passer ces dossiers.
Méthode
Ces chiffres sont mesurés à partir des données ouvertes du Système électronique d'appel d'offres du Québec, sur les contrats attribués entre 2021 et 2025. Un contrat est compté une seule fois, quel que soit le nombre de lots ou d'avenants.
La part mise en concurrence regroupe les appels d'offres publics, les appels d'offres sur invitation, qui ne s'adressent qu'aux entreprises sollicitées, et les achats effectués par un mandataire ou un regroupement d'organismes.
Le taux d'appels d'offres à un seul soumissionnaire est donné deux fois : sur l'ensemble des contrats mis en concurrence, puis sur les seuls avis publics. Le second porte sur un sous-ensemble du premier, celui des dossiers auxquels une entreprise peut répondre sans avoir été sollicitée. Le complément ne se réduit pas aux invitations : il comprend aussi les achats menés par un mandataire ou un regroupement d'organismes, et les appels d'offres non publiés au SEAO.
Sources
Source des données
Jeu de données : « Système électronique d’appel d’offres (SEAO) », publié par le Secrétariat du Conseil du trésor, diffusé sur Données Québec sous licence CC BY 4.0.
Traitements : données extraites, nettoyées et analysées par Adjudica ; les chiffres présentés résultent de ces traitements et ne constituent pas une publication officielle du SEAO. Voir nos données.
Pour aller plus loin
Cette analyse fait partie de notre série sectorielle, publiée à partir de notre corpus de contrats publics québécois. L'ensemble est réuni dans nos analyses et données.
Adjudica
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