L’essentiel en 30 secondes
- Des huit secteurs mesurés, le matériel informatique est celui où le moins d'entreprises se partagent les appels d'offres.
- La majorité des achats de matériel informatique ne passe pas par un appel d'offres.
- Quand un appel d'offres est lancé, il attire peu de soumissionnaires et se décide souvent à quelques points d'écart.
Karim dirige un intégrateur informatique de 18 employés à Québec. Il voit passer des appels d'offres publics de temps en temps, il en dépose quelques-uns par année, et il a l'impression que les mêmes noms reviennent toujours. Les données lui donnent raison, et elles expliquent aussi pourquoi il en voit passer si peu.
Nous avons regardé 13 587 contrats de matériel informatique attribués au Québec entre 2021 et 2025.
Des appels d'offres que peu d'entreprises se partagent
Il suffit de 30 entreprises pour couvrir la moitié des contrats de matériel informatique attribués par appel d'offres au Québec. C'est le nombre le plus bas des huit secteurs que nous avons mesurés. Dans le bâtiment, il en faut 406 ; dans l'entretien et la réparation, 662.
Le premier attributaire y détient 6,5 % des contrats attribués par appel d'offres.
Cette moitié se compte sur les contrats mis en concurrence, soit 27 % du secteur.
Une explication tient au marché lui-même, et nos données ne la mesurent pas : la revente de matériel passe souvent par des ententes-cadres, des distributeurs autorisés et des qualifications constructeur, qui limitent le nombre d'entreprises capables de répondre.
Une réserve honnête sur ce chiffre : les noms d'entreprises du SEAO ne sont pas normalisés, et une même société peut y figurer sous plusieurs graphies. La concentration réelle est donc au moins aussi forte que celle que nous mesurons, jamais moins.
La plus grande partie des achats ne passe pas par un appel d'offres
72,6 % des contrats de matériel informatique sont attribués de gré à gré. Seuls 27 % sont attribués après mise en concurrence.
L'écart avec les secteurs de la construction est net : dans le génie civil, 86 % des contrats sont mis en concurrence.
Sur les attributions de gré à gré du secteur qui déclarent un motif au SEAO, 55,3 % invoquent un montant inférieur au seuil d'appel d'offres public. Cette part se lit sur les 63,5 % d'attributions directes qui déclarent effectivement un motif ; les autres n'en publient aucun.
| Ce que montrent les 13 587 contrats du secteur | |
|---|---|
| Entreprises couvrant la moitié des appels d'offres | 30 |
| Part du secteur mise en concurrence | 27 % |
| Nombre moyen de soumissionnaires par appel d'offres | 2,3 |
| Appels d'offres n'ayant reçu qu'une seule soumission | 39,7 % |
| Écart médian entre les deux plus basses soumissions | 10,3 % |
Quand il y a un appel d'offres, il y a peu de monde
Un appel d'offres de matériel informatique reçoit en moyenne 2,3 soumissions. Dans le génie civil, la moyenne est de 4,1.
Et 39,7 % de ces appels d'offres ne reçoivent qu'une seule soumission. Le contrat est mis en concurrence, et une seule entreprise se présente.
Pour un intégrateur qui hésite à investir une journée dans une réponse, c'est une information utile : la concurrence, dans ce secteur, est rarement nombreuse.
Les prix restent serrés malgré tout
L'écart médian entre les deux plus basses soumissions est de 10,3 %. Parmi les appels d'offres dont au moins deux prix d'ouverture sont publiés, 33,3 % se décident à moins de 5 % d'écart.
C'est cohérent avec un marché de revente : quand plusieurs entreprises revendent le même produit avec des prix d'achat comparables, les écarts se referment. La marge de manœuvre est mince, mais elle est prévisible, ce qui n'est pas le cas dans les secteurs de services.
Ce que ça change pour votre prochaine soumission
Le peu que vous voyez n'est pas le marché. Près de trois contrats de matériel informatique sur quatre ne font l'objet d'aucune mise en concurrence. Surveiller les avis publiés donne une vision partielle du secteur.
Quand un avis sort, la concurrence est mince. Un peu plus de deux soumissions en moyenne, et près de quatre avis sur dix sans concurrence du tout : le calcul du temps investi n'est pas le même que dans le bâtiment.
Le prix se joue en points. Dans un marché de revente, l'écart se fait sur la structure de coûts et les conditions, pas sur l'estimation.
Méthode
Ces chiffres sont mesurés à partir des données ouvertes du Système électronique d'appel d'offres du Québec, sur les contrats attribués entre 2021 et 2025. Un contrat est compté une seule fois, quel que soit le nombre de lots ou d'avenants.
La part mise en concurrence regroupe les appels d'offres publics, les appels d'offres sur invitation, qui ne s'adressent qu'aux entreprises sollicitées, et les achats effectués par un mandataire ou un regroupement d'organismes.
L'écart de prix est mesuré sur les appels d'offres ayant reçu au moins deux montants totaux publiés. Ils représentent 90,9 % des appels d'offres du secteur ayant reçu au moins deux soumissions. Les prix unitaires, non comparables entre eux, sont exclus. Le SEAO ne publie pas le mode d'évaluation retenu : notre mesure décrit donc la densité de la concurrence sur le prix, sans distinguer une adjudication au plus bas prix d'une grille qualité-prix.
Sources
Source des données
Jeu de données : « Système électronique d’appel d’offres (SEAO) », publié par le Secrétariat du Conseil du trésor, diffusé sur Données Québec sous licence CC BY 4.0.
Traitements : données extraites, nettoyées et analysées par Adjudica ; les chiffres présentés résultent de ces traitements et ne constituent pas une publication officielle du SEAO. Voir nos données.
Pour aller plus loin
Cette analyse fait partie de notre série sectorielle, publiée à partir de notre corpus de contrats publics québécois. L'ensemble est réuni dans nos analyses et données.
Adjudica
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