L’essentiel en 30 secondes
- Des huit secteurs que nous avons mesurés, le traitement de l'information et les télécommunications affichent la plus faible part d'attributions par appel d'offres.
- Les attributions directes du secteur portent d'abord sur l'entretien, le soutien technique et les licences de systèmes déjà en place.
- Quand un appel d'offres est lancé, la concurrence y est nourrie, mais une part importante des avis ne reçoit qu'une seule soumission.
Nadia dirige une firme de développement et de soutien applicatif de 22 personnes à Laval. Elle voit très peu d'appels d'offres publics en informatique, et ceux qu'elle voit attirent beaucoup de monde. Les deux impressions se retrouvent dans les chiffres, et elles ont la même explication.
Nous avons regardé 15 906 contrats de traitement de l'information et de télécommunications attribués au Québec entre 2021 et 2025 : entretien et soutien technique de logiciels, licences et abonnements, développement et services professionnels, hébergement et infonuagique, téléphonie et liens de télécommunication. Les donneurs d'ouvrage sont les établissements du réseau de la santé, les ministères et organismes du gouvernement du Québec, les universités et de grandes villes.
La plupart des contrats ne passent pas par un appel d'offres
Sur l'ensemble des contrats du secteur, 23 % passent par un appel d'offres. C'est la plus faible part d'attributions par appel d'offres des huit secteurs que nous avons mesurés. Dans le génie civil, la part mise en concurrence atteint 86 %.
76,7 % des contrats du secteur sont attribués de gré à gré.
Le matériel informatique, que nous mesurons dans une classe distincte, connaît une situation voisine sans être identique : 27 % de ses contrats passent par un appel d'offres. Le traitement de l'information va donc plus loin encore.
Les chiffres de concurrence qui suivent portent tous sur cette part mise en concurrence, soit 3 711 contrats. Elle regroupe les appels d'offres publics, les appels d'offres sur invitation, qui ne s'adressent qu'aux entreprises sollicitées, et les achats effectués par un mandataire ou un regroupement d'organismes.
Ce qui s'attribue directement, c'est surtout ce qui est déjà installé
Les attributions directes du secteur portent d'abord sur l'entretien et le soutien technique de logiciels, sur les licences et sur les abonnements. Autrement dit sur la reconduction de systèmes déjà en place. Le développement, l'intégration et les services professionnels passent, eux, plus souvent par un appel d'offres.
Sur les attributions de gré à gré du secteur qui déclarent un motif au SEAO, 61,0 % invoquent un montant inférieur au seuil d'appel d'offres public, et 17,4 % une des exceptions prévues par la loi, comme le fournisseur unique ou l'urgence. Cette part se lit sur les 59,4 % d'attributions directes qui déclarent effectivement un motif ; les autres n'en publient aucun.
| Ce que montrent les 15 906 contrats du secteur | |
|---|---|
| Part du secteur mise en concurrence | 23,3 % |
| Contrats attribués de gré à gré | 76,7 % |
| Nombre moyen de soumissionnaires par appel d'offres | 3,9 |
| Appels d'offres n'ayant reçu qu'une seule soumission | 34,5 % |
| Écart médian entre les deux plus basses soumissions | 13,8 % |
Quand un appel d'offres sort, il est souvent disputé
Un appel d'offres du secteur reçoit en moyenne 3,9 soumissions. C'est le deuxième chiffre le plus élevé des huit secteurs que nous avons mesurés, derrière le génie civil et ses 4,1.
La moyenne recouvre toutefois deux réalités différentes. La médiane est de 2 soumissions, et 34,5 % des appels d'offres du secteur n'en reçoivent qu'une seule. Sur les seuls avis publics, cette part tombe à 20,4 %. Les appels d'offres sur invitation, qui ne s'adressent qu'aux entreprises sollicitées, sont bien plus souvent sans concurrence. La moyenne est donc tirée vers le haut par une minorité d'avis très disputés.
Pour une firme qui hésite à investir plusieurs jours dans une réponse, c'est la nuance qui compte : les avis sont rares, et ils ne se valent pas entre eux.
Ce que disent les écarts de prix
L'écart médian entre les deux plus basses soumissions est de 13,8 %. Dans le génie civil, il est de 7,8 %.
Parmi les appels d'offres dont au moins deux prix d'ouverture sont publiés, 26,0 % se décident à moins de 5 % d'écart. Dans les autres, la distance entre les deux meilleurs prix atteint au moins 5 %.
C'est cohérent avec un marché où l'objet du contrat est rarement standard. Deux firmes qui chiffrent le même mandat de développement ne comptent pas le même nombre de jours, et la comparaison des prix n'a pas la même signification que dans un marché de revente.
Ce que ça change pour votre prochaine soumission
La veille des avis publiés ne vous montre qu'une petite partie du secteur. La majorité des contrats est attribuée sans appel d'offres. Ces contrats apparaissent au SEAO au moment de leur attribution : il n'y a pas eu d'appel d'offres à surveiller. Bâtir un développement des affaires sur les seuls avis publiés revient à regarder moins du quart du secteur.
Et tous les avis ne vous sont pas ouverts. Parmi les contrats mis en concurrence, une partie l'est sur invitation : l'avis existe, mais il ne s'adresse qu'aux entreprises sollicitées.
Le moment qui compte se joue souvent avant l'appel d'offres. Quand un contrat porte sur l'entretien, le soutien ou les licences d'un système existant, la question de la mise en concurrence est en bonne partie réglée par le choix initial du système.
Quand un avis sort, attendez-vous à de la compagnie. 20,4 % des avis publics du secteur ne reçoivent qu'une seule soumission, mais les autres en attirent souvent plusieurs.
Méthode
Ces chiffres sont mesurés à partir des données ouvertes du Système électronique d'appel d'offres du Québec, sur les contrats attribués entre 2021 et 2025. Un contrat est compté une seule fois, quel que soit le nombre de lots ou d'avenants.
La classe « traitement de l'information et services de télécommunications connexes » est celle que l'organisme public déclare lui-même au SEAO au moment de publier son avis. Nous ne la recodons pas.
La part mise en concurrence regroupe les appels d'offres publics, les appels d'offres sur invitation et les achats effectués par un mandataire ou un regroupement d'organismes. Tous les chiffres de concurrence de cette page, nombre de soumissionnaires et écarts de prix, se mesurent sur cette part, soit 23 % du secteur.
La répartition par type de prestation, entretien et licences d'un côté, développement et services professionnels de l'autre, est lue dans les intitulés des avis, qui ne suivent aucune nomenclature imposée. Elle décrit une tendance, pas une mesure exacte.
L'écart de prix est mesuré sur les appels d'offres ayant reçu au moins deux montants totaux publiés, soit 65,3 % des appels d'offres du secteur ayant reçu au moins deux soumissions. Les prix unitaires, non comparables entre eux, sont exclus. Le SEAO ne publie pas le mode d'évaluation retenu : notre mesure décrit la densité de la concurrence sur le prix, sans distinguer une adjudication au plus bas prix d'une grille qualité-prix.
Sources
Source des données
Jeu de données : « Système électronique d’appel d’offres (SEAO) », publié par le Secrétariat du Conseil du trésor, diffusé sur Données Québec sous licence CC BY 4.0.
Traitements : données extraites, nettoyées et analysées par Adjudica ; les chiffres présentés résultent de ces traitements et ne constituent pas une publication officielle du SEAO. Voir nos données.
Pour aller plus loin
Cette analyse fait partie de notre série sectorielle, publiée à partir de notre corpus de contrats publics québécois. L'ensemble est réuni dans nos analyses et données.
Adjudica
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